Une installation de plomberie, ce sont deux réseaux qui doivent fonctionner ensemble. Celui qui amène l’eau sous pression jusqu’aux appareils, et celui qui évacue les eaux usées vers la colonne de l’immeuble. Le premier travaille sous pression, le second par gravité. Ils ne suivent pas les mêmes règles et ne se posent pas de la même façon.
Avant de poser le moindre tube, il faut établir un plan, calculer les diamètres et fixer la pente des évacuations. Et avant de refermer les murs, il faut mettre le réseau sous pression pour vérifier qu’il ne fuit nulle part.
Nous refaisons des installations complètes à Paris toutes les semaines, en rénovation d’appartement comme en salle de bains seule, et nous travaillons toujours dans le même ordre. Notre équipe de plombiers à Paris applique la même méthode sur un studio du 9e que sur un appartement familial.
Sommaire
Que recouvre une installation de plomberie ?
Le réseau d’alimentation part du compteur ou du robinet d’arrêt général et se divise jusqu’à chaque point d’eau. Il est doublé, une ligne pour l’eau froide et une pour l’eau chaude, sauf sur les WC et le lave-linge qui ne reçoivent que du froid. Il travaille en permanence sous la pression du réseau de ville. Une erreur d’assemblage s’y voit tout de suite.
Le réseau d’évacuation, lui, ne fonctionne qu’à la gravité. Chaque appareil rejoint une canalisation qui descend en pente douce vers la chute de l’immeuble. Une pente trop faible laisse les déchets stagner, une pente trop forte fait partir l’eau plus vite que les matières et bouche la conduite. Il faut rester entre 1 et 3 centimètres par mètre.
Un troisième élément intervient, la ventilation du réseau. Sans entrée d’air, une chasse d’eau qui se vide aspire l’eau des siphons voisins et les odeurs remontent dans la pièce. La plupart des mauvaises odeurs de salle de bains viennent de là.
Le plan vient avant les outils
Il faut commencer par relever l’existant et tracer sur les murs, en reportant la position exacte de chaque appareil, la hauteur des alimentations et des évacuations, le trajet des tubes et l’emplacement des percements. Nous faisons ce tracé au laser et nous le validons avec le client avant le premier trou.
C’est aussi à ce moment que nous choisissons le mode de distribution. En pieuvre, chaque point d’eau part d’une nourrice centrale par sa propre ligne, sans aucun raccord intermédiaire dans les murs. En dérivation, une ligne principale alimente plusieurs appareils par des piquages successifs.
Nous préférons la pieuvre chaque fois que l’espace le permet. Elle consomme plus de tube mais elle supprime les raccords enterrés, elle permet d’isoler un appareil sans couper le reste et elle rend le débit plus stable quand deux points d’eau tournent en même temps. En appartement ancien, où le passage est contraint, nous mixons les deux, avec une nourrice pour la salle de bains et une dérivation courte pour la cuisine.
Il faut enfin mesurer la pression du réseau avant de chiffrer. Le NF DTU 60.11 la plafonne à 3 bars aux points de puisage, et beaucoup d’immeubles parisiens tournent au-dessus. Dans ce cas vous devez faire poser un réducteur, sinon toute l’installation vieillit trop vite.
Les matériaux que nous posons et pourquoi
- Le multicouche : Pour la distribution encastrée, nous posons du multicouche. Il se cintre à la main, garde sa forme, se pose vite et supporte l’eau chaude sanitaire sans difficulté. Nous le sertissons et rien d’autre, parce que le sertissage est le seul assemblage que le NF DTU 60.1 autorise sur du multicouche noyé dans une cloison ou une chape.
- Le cuivre : Sur les parties apparentes, dans les locaux techniques et près d’une chaudière, nous passons au cuivre, qui tient mieux la température et ne se déforme pas. Le PER convient bien à une distribution en pieuvre depuis une nourrice, en particulier sous chape.
- Le raccord : Un raccord démontable ne se ferme jamais dans un mur. Les raccords à compression et les raccords instantanés doivent rester accessibles, et lorsqu’un organe démontable doit se trouver dans une cloison, il faut poser une trappe de visite. Le choix du produit d’étanchéité suit la même logique, et nous détaillons ailleurs comment choisir entre téflon et filasse selon le raccord.
Dernier point sur la fourniture, le tube et les raccords doivent appartenir au même système, celui que couvre l’Avis Technique du fabricant. Mélanger une marque de tube et une autre de raccords annule la garantie et se retourne contre le client en cas de sinistre.
Quel matériel est nécessaire pour une installation de plomberie ?
La sertisseuse représente le poste le plus coûteux, avec un jeu de mâchoires par profil et par diamètre, et un recalibrage annuel en centre agréé. Une pince mal réglée sertit mal sans que rien ne se voie à l’œil, et vous ne le découvrirez qu’à la mise en eau.
| Poste | Ce que nous utilisons |
| Traçage et repérage | Niveau laser, mètre, détecteur de câbles et de canalisations |
| Percement | Perforateur, scies cloches, carotteuse pour les traversées de dalle |
| Coupe et préparation du tube | Coupe-tube, calibreur-ébavureur, cintreuse à ressort ou à galets |
| Assemblage | Sertisseuse électro-hydraulique et jeu de mâchoires TH et V, clés plates et à molette |
| Évacuations | Scie à main, colle PVC, niveau pour contrôler la pente |
| Contrôle | Pompe d’épreuve à manomètre, manomètre de réseau, caméra d’inspection |
| Sécurité | Clé de coupure générale, gants, lunettes, bâches et protections de sol |
Le détecteur de câbles évite de percer une gaine électrique dans une cloison inconnue, situation banale en immeuble haussmannien. La caméra sert à contrôler l’état de la colonne avant de s’y raccorder, parce qu’une évacuation neuve branchée sur une chute entartrée ne réglera rien.
Installer la plomberie d’une salle de bains

La salle de bains concentre le plus d’appareils sur le moins de surface, ce qui en fait la pièce la plus exigeante du logement. Nous procédons toujours dans cet ordre.
1. Dépose et préparation
Nous coupons l’eau, déposons les appareils et les anciens réseaux, puis mettons à nu les arrivées et les évacuations existantes. À ce stade, vous découvrez l’état réel de l’installation, souvent différent de ce que laissait supposer la visite.
2. Réseaux d’alimentation
Nous tirons les lignes depuis la nourrice ou depuis la colonne, en respectant les diamètres de chaque appareil. Il faut un robinet d’arrêt sur chaque départ, sans exception, et nous en posons systématiquement. Vous pourrez ainsi intervenir plus tard sur un seul appareil sans priver tout le logement d’eau.
| Appareil | Alimentation | Évacuation | Hauteur de sortie |
| Lavabo ou vasque | 12 mm minimum | 32 mm | Alimentations vers 55 à 60 cm, évacuation vers 50 à 55 cm |
| Douche | 14 à 16 mm | 40 mm | Robinetterie vers 110 à 120 cm, entraxe 150 mm |
| Baignoire | 14 à 16 mm | 40 mm | Robinetterie vers 70 à 80 cm, entraxe 150 mm |
| WC | 12 mm minimum | 100 mm | Selon bâti-support ou cuvette au sol |
| Lave-linge | 12 mm minimum | 40 mm | Robinet et évacuation vers 60 à 80 cm |
| Chauffe-eau | 16 à 18 mm | 32 mm au groupe de sécurité | Selon le modèle et la fixation |
Ces cotes servent de point de départ. Vous devez les ajuster au modèle exact de l’appareil, au type de meuble et à la hauteur finie du sol carrelé. Nous validons toujours les cotes définitives sur la fiche technique du fabricant avant de percer.
3. Évacuations et pente
Chaque appareil reçoit son évacuation au bon diamètre, et vous devez contrôler la pente au niveau sur toute la longueur, pas seulement au départ. Les siphons doivent conserver une garde d’eau d’au moins 50 millimètres, sans quoi les odeurs de la colonne remontent dans la pièce.
4. Ventilation du réseau
Le NF DTU 60.11 demande que la chute soit prolongée jusqu’à l’air libre au-dessus des locaux habités. Cette ventilation primaire équilibre les pressions et empêche les siphons de se vider par aspiration. Quand la configuration de l’immeuble rend ce prolongement impossible, il faut poser un clapet aérateur conforme à la norme NF EN 12380, en complément et jamais en remplacement systématique de la ventilation primaire.
5. Coordination avec l’électricité
La salle de bains est découpée en volumes de sécurité par la norme NF C 15-100, et une liaison équipotentielle supplémentaire y est obligatoire. Toutes les masses métalliques, canalisations comprises, sont reliées entre elles par un conducteur vert et jaune de 2,5 mm². Nous nous calons sur l’électricien avant de fermer les cloisons, parce qu’une reprise après carrelage coûte cher. La pose des sanitaires et le raccordement de la robinetterie n’interviennent qu’une fois cette coordination réglée.
6. Production d’eau chaude
Le dimensionnement du chauffe-eau se décide en même temps que les réseaux, pas après. Le volume dépend du nombre d’occupants et du nombre de points de puisage, et l’emplacement conditionne la longueur des liaisons, donc le temps d’attente à l’ouverture du robinet. Nous traitons ce poste dans notre page dédiée à l’installation et au remplacement de chauffe-eau.
L’épreuve d’étanchéité, avant de refermer
Le NF DTU 60.1 prévoit un essai d’étanchéité sur toute installation neuve ou partie rénovée du réseau d’alimentation, à 10 bars pendant 30 minutes, sans aucune chute de pression. Nous branchons une pompe d’épreuve, nous montons en pression, nous laissons le réseau sous surveillance et nous relevons le manomètre.
Cet essai se fait réseaux ouverts, avant carrelage et avant fermeture des cloisons. Vous devez l’exiger de toute entreprise qui intervient chez vous. Un raccord qui suinte à ce stade se reprend en dix minutes. Le même raccord découvert trois mois plus tard derrière une faïence neuve coûte le carrelage, la reprise de peinture et parfois le plafond du voisin du dessous. Nous remettons systématiquement le procès-verbal d’essai au client.
Délais et budget d’une bonne installation de plomberie
Pour une salle de bains seule, la partie plomberie représente deux à quatre jours de travail, répartis de part et d’autre du carrelage. Sur une rénovation d’appartement complète, elle s’étale sur une à deux semaines selon l’accès aux colonnes et la nature des cloisons.
Le budget dépend du nombre de points d’eau, de la longueur des réseaux, de la nécessité de créer ou non des saignées et du niveau d’équipement choisi. Nous chiffrons après visite, jamais au téléphone sur description, et le détail figure sur nos tarifs.
Nous confier votre installation
Nous intervenons sur Paris et la petite couronne pour les installations neuves, les réfections complètes d’alimentation, la création de salle de bains et la réparation de fuite d’eau sur installation existante. Chaque chantier suit la méthode décrite ci-dessus, du tracé validé avec le client jusqu’au procès-verbal d’essai remis en fin de travaux. Sur une eau calcaire comme celle de Paris, nous conseillons également de prévoir dès l’installation les moyens de limiter l’entartrage, sujet que nous détaillons dans notre article sur le calcaire dans les canalisations.
Vos questions sur l’Installation de plomberie
Les questions que nos clients posent le plus souvent avant de lancer des travaux de plomberie.
Combien de temps prend une installation de plomberie complète ?
Pour une salle de bains seule, nous comptons deux à quatre jours de plomberie, répartis avant et après le carrelage. Pour une rénovation d’appartement complète, la partie plomberie s’étale sur une à deux semaines, entre la pose des réseaux et le raccordement final des appareils. La durée dépend surtout de l’accès aux colonnes et de la nature des cloisons.
Peut-on faire son installation de plomberie soi-même ?
Les raccordements visibles et démontables restent accessibles à un particulier soigneux. Tout ce qui part en encastré demande une autre exigence, parce qu’une reprise oblige à casser. Le dimensionnement des diamètres, la pente des évacuations, la ventilation du réseau et l’essai sous pression avant fermeture sont les points sur lesquels une installation faite maison échoue le plus souvent.
Quel matériau choisir pour une installation neuve ?
Pour la distribution encastrée, nous posons du multicouche serti, qui se cintre, se pose vite et n’a plus besoin d’être touché ensuite. Sur les parties apparentes et près d’une chaudière, il faut préférer le cuivre. Le PER convient bien aux distributions en pieuvre depuis une nourrice. Dans tous les cas, vous devez prendre le tube et les raccords dans le même système.
Faut-il un robinet d’arrêt par appareil ?
Oui, et nous en posons systématiquement. Un robinet d’arrêt sur chaque départ permet d’intervenir sur un appareil sans couper l’eau de tout le logement, ce qui compte particulièrement en appartement. C’est quelques euros de fourniture au moment de la pose et beaucoup de temps gagné à la première panne.
Que se passe-t-il si la pression du réseau est trop élevée ?
Le NF DTU 60.11 fixe la pression à 3 bars maximum aux points de puisage. Au-delà, un réducteur de pression devient nécessaire. Beaucoup d’immeubles parisiens dépassent cette valeur, et une pression trop forte use les joints, fatigue les flexibles et fait vieillir la robinetterie plus vite. Nous mesurons la pression avant de chiffrer une installation.
Une installation de plomberie doit-elle être testée avant fermeture ?
Oui, et c’est le point de contrôle le plus important. Le NF DTU 60.1 prévoit un essai d’étanchéité à 10 bars pendant 30 minutes sans aucune chute de pression sur toute installation neuve ou partie rénovée. Nous réalisons cet essai avant de refermer les cloisons et nous remettons le procès-verbal au client.





